Persona 2 Innocent Sin, le test sur PSP

p2innocentsin screenshots 06
La jeunesse en névrose

Cette édition PSP de Persona 2 Innocent Sin est l'adaptation du jeu paru sur PlayStation première du nom en 1999, dans sa version américaine. Sur la console portable de Sony, nous n'avons le droit à aucune traduction. Toutefois, Atlus, l'éditeur original du titre, à fait quelques efforts, mineurs au niveau de l'introduction par exemple, ou majeurs tels que la « remastérisation » complète des musiques par Shoji Meguro. Toutefois, comme les Japonais ont un profond respect pour ce qui a été créé à l'origine dans ce jeu, on peut basculer à tout moment d'une version à une autre dans les options.

 
Revenons au jeu proprement dit. Si le premier opus de ce RPG, Shin Megami Tensei: Persona, adapté lui aussi sur PSP, avait un intérêt quasi-historique, ce n'est plus le cas ici. Mais le titre présente d'autres qualités évidentes. Par exemple, d'un épisode à l'autre, les phases de déplacements dans les labyrinthes 3D ont été remplacées par des décors en 3D isométrique. Ainsi, Persona 2 Innocent Sin propose un rendu graphique parfaitement adapté à une édition portable.

Les phases de combat se déroulent toujours au tour part tour. On peut y alterner armes physiques, l'utilisation d'items ou bien encore la magie employée à travers nos « persona », ces êtres surnaturels qui nous sont attachés et que l'on peut faire progresser ou changer. A noter que la création de persona est un peu plus facile que dans le premier opus mais reste assez secondaire.

Au chapitre des nouveautés, notons la part importante allouée aux rumeurs. Vous pouvez « collecter » et faire en sorte qu'elles deviennent réalité. Intéressantes au début, les possibilités s'essoufflent assez rapidement et se limitent surtout à débloquer de nouveaux choix dans les magasins...

La mécanique bien huilée de Persona 2 Innocent Sin ne serait rien sans un univers et un scénario bien ficelés. Assez classique dans son déroulement, le jeu sait cependant nous tenir en haleine avec son lot de rebondissements qui oscillent parfois vers la parodie ou le grand n'importe quoi (la fin notamment avec le « dernier bataillon »...). La dimension dramatique est introduite à divers moments de l'aventure, par des flashbacks de l'enfance des différents protagonistes. Au début assez anodins (voir niais), ceux-ci glissent progressivement vers toute une série de traumatismes, à la base des peurs et des névroses des héros.

Le titre vous plonge dans la vie étudiante de Seven Sisters High School, une école réputée de la ville fictive de Sumaru. Les étudiants sont subitement affectés d'un mystérieux mal qui les défigure. Vous allez devoir enquêter sur ce mal qui ronge l'école mais aussi sur un mystérieux homme appelé The Joker (aucun rapport avec Batman !) qui, une fois invoqué, a le pouvoir de réaliser vos rêves les plus fous... ou au contraire de vous les voler ainsi que votre existence. Rien que cela.

A noter que quelques aventures annexes sont disponibles dans le Théâtre. En fait, la version japonaise du titre permet de télécharger un bon nombre de DLC. Cette possibilité n'est plus possible dans les versions américaine et européennes mais trois scenarios sont proposés gratuitement. C'est toujours ça de pris ! Par ailleurs, nous évoquions en ébut de test les excellentes musiques du titre. Sachez qu'une fois l'aventure terminée, elles seront accessibles de manière indépendante.

Note
9/10
En bref, Persona 2 Innocent Sin était un titre indispensable sur PlayStation et donc aujourd'hui sur PSP. Une distribution des plus chaotiques en France ne doit pas nous faire oublier une édition européenne très soignée de l'éditeur anglais Ghostlight qui a choisi de ne proposer qu'une édition collector avec un coffret contenant six mini-cartes des deux designers du jeu - Kazuma Kaneko et Shigenori Soejima - ainsi qu'un poster. Un bel effort.

Présentation de l'auteur : Kuk

  • Kuk

    Kuk s'est lié d'amitié avec le monde du jeu vidéo très jeune. En 1988, il possède son premier ordinateur, un Atari 1040 STF flambant neuf. Et Atari ne le quittera plus jamais… Durant les années suivantes, il s'intéresse tour à tour à la Nec GT, à la NeoGeo Pocket et à sa petite soeur, la déclinaison Color, qui le font rentrer dans le jeu vidéo portable. Passionné d’histoire et de littérature, il apprécie tout particulièrement les jeux de rôle et les jeux d’aventure. Il montre aussi beaucoup d'intérêt pour le travail fourni par les développeurs indépendants dont il se fait une spécialité. Dans tous les cas, il privilégie le fond à la forme.

Du même auteur : Kuk

mai 07, 2018
rogue legacy ps vita
Test - PS Vita

Rogue Legacy, le test sur PS Vita

Mots-clés: RPG, Aventure, PSP, Persona, Kuk

Imprimer E-mail

You have no rights to post comments

D'autres articles

10

Steredenn: Binary Stars, le test sur Switch

juillet 16, 2018 Test - Nintendo Switch Aymerick
Dès que je l’ai vu pour la première fois en 2015 sur PC, j’ai su que je l’aimais. Mais en amitié comme dans les jeux vidéo, un amour ne s’obtient pas sans investissement ni acquis d’avance… Car Steredenn: Binary Stars est un shoot'em up exigeant. Une bonne occasion de nous y intéresser pour sa sortie sur la console Nintendo Switch.
10

Lightfall, le test sur Switch

juin 28, 2018 Test - Nintendo Switch Angi
Ces dernières années ont vu l’émergence de titres dits indépendants issus du financement participatif. L’histoire de Lightfall est également née ainsi, et elle n’est pas toute jeune puisqu’elle date de 2015. Le premier jeu de Bishop Games débarque aujourd’hui sur Switch, avec la promesse d’un gameplay dynamique et novateur. Avançons dans la…

Avez-vous lu cet article?