Super Mario Run le test sur iOS

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Rares sont les titres Ipad/Iphone à avoir été aussi attendus, ou tout du moins à avoir suscité autant d’attention que Super Mario Run. Tout d’abord parce qu’il s’agit d’une avancée sans précédent de la part de Nintendo dans l’univers des smartphones et tablettes. Ensuite parce que, que l’on soit adepte de la série ou plutôt du côté des Nintendo-haters, le génie plateformesque de la série des frères plombiers finit tout de même par mettre tout le monde d’accord depuis trois décennies.

 

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24 niveaux et une atmosphère parfaitement dans l’ADN de la série

Alors que les adeptes piaffaient d’impatience et que les rageux lui faisaient déjà un procès d’intention sur la base de ses 10 euros, Super Mario Run a donc débarqué sur l’Apple Store la semaine précédant les fêtes de fin d’année. Dès le lancement, il faut reconnaître que la magie opère plutôt bien. Le simple fait de jouer à un épisode Mario sur un Iphone, avec l’ambiance visuelle et sonore des épisodes Wii (U), est plutôt euphorisant. Néanmoins, une première mauvaise surprise pointe aussi rapidement le bout de sa moustache : une (bonne) connexion à Internet est indispensable pour pouvoir jouer, ce qui est toujours plutôt malvenu pour un jeu mobile.

Le titre est donc un « Runner », à savoir que votre personnage avance de lui-même. La jouabilité ne demande qu’une seule main et même qu’un seul doigt, afin de permettre à Mario de sauter (plus ou moins haut) ou de réaliser quelques cabrioles (rebondir sur un mur ou faire une pirouette au-dessus d’un ennemi, par exemple). Cette caractéristique du Runner a été largement critiquée dès l’annonce du jeu, à notre sens de manière parfaitement injuste.

 

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5 personnages à débloquer, et autant de variations de gameplay

Tout d’abord parce qu’en l’état, c’est faux. Le game-system est suffisamment malin et exigeant pour littéralement faire de Super Mario Run « un jeu de plateforme à défilement automatique ». Ensuite parce que quand bien même nous pourrions pinailler sur le genre du titre lui-même, la production des Runners nous a largement démontré que certains titres étaient réellement excellents à tous niveaux, et ne méritait pas le snobisme vidéoludique parfois subie.

Au travers de 6 mondes divisés en 4 niveaux d’une quarantaine de secondes en moyenne, Mario bondit, rebondit, chevauche les adversaires, évite les obstacles et surtout récupère un maximum de pièces. Car malgré l’habillage habituel de la série, l’objectif principal du titre réside bien dans le scoring à la monnaie. De plus, un sous-challenge est inclut dans chaque niveau, à savoir cinq pièces d’une certaine couleur à récupérer. Tout d’abord roses pour la première boucle, puis mauves une fois les précédentes récupérées, puis noires, le tout de difficulté croissante.  Ce qui nous donne, si vous avez bien suivi et au final, 4 manières (1 x traversée « simple » puis 3 x « challenge récolte de pièces) de parcourir chacun des niveaux – ceux-ci changeant également légèrement de disposition et de design en fonction de la couleur à récupérer.

 

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En quête de fan service ? Vous ne serez pas (non plus) déçus.

Super Mario Run se parcourt d’une part en solo, de manière classique et un niveau après l’autre, avec trois vies disponibles pour chaque traversée. Ou en mode défi, par le biais de courses spécifiques (infinies, en boucle) et asynchrones contre les fantômes d’autres joueurs.  L’objectif est ici à nouveau de récolter un maximum de monnaie, et notamment de déclencher le mode « pièces en folie » où l’or coule à flot. Si vous réussissez, vous obtiendrez les encouragements de certains Toads qui rejoindront votre royaume (i.e. l’écran d’accueil). Plus vous avez de pièces et de Toads, plus votre niveau est haut, plus vous pouvez agrémenter votre royaume.

Le level-design des niveaux tient ses promesses, et la jouabilité est excellente. Celle-ci repose essentiellement sur l’inertie des sauts et les réflexes associés aux pièges de la plateforme. Au-fur-et-à-mesure de votre progression, vous pourrez également débloquer d’autres personnages symboliques de la série, offrant leurs traditionnelles variétés de gameplay (Toad court plus vite ou Yoshi peut prolonger son saut en flottant dans les airs, par exemple). Les objets et autres bonus traditionnels de la série, tels que le champignon ou l’étoile d’invincibilité, sont également de la partie.

 

 

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Si vous perdez et qu’il vous reste au moins une vie en stock, vous réapparaitrez dans une bulle. A éclater au moment opportun, pour éviter de reprendre le jeu au beau milieu du vide !

Du côté de la réalisation, on frôle la qualité console et c’est du tout bon. A noter que le  jeu nécessite iOs 8 au minimum. Et qu’il a été testé sur Ipad mini 2 et Iphone 5s, sur lesquels nous avons déjà pu observer quelques légers ralentissements. De manière très ponctuelle certes, mais nous pouvons aisément supposer que le souci sera plus important sur des configurations inférieures. Le jeu offre toutefois la possibilité de diminuer la résolution et le rendu visuel, au bénéfice de la fluidité (du scrolling, pas de l’animation) et… de l’économie d’énergie.

Alors au final, que penser du fameux prix du jeu ? Si le traverser en ligne droite est en effet très court (une heure ou deux pour un joueur aguerri, quelques heures maximum dans le cas contraire), l’intérêt n’est évidemment pas là. Oui, une dizaine de niveaux supplémentaires aurait été bienvenue. Mais oui aussi, les challenges du jeu de base et surtout le mode défi génèrent une excellent re-jouabilité. De plus et à ce jour, aucun achat in-game n’est nécessaire, 10 euros au départ (soit le prix d’un menu Mac Do ou une place cinéma) et c’est parti pour un titre complet. Enfin, Super Mario Run est partageable sur plusieurs périphériques associés à un compte Apple Store identique, et ce même en utilisant des comptes My Nintendo a posteriori – divisant d’autant la facture. Vous l’aurez compris, pour nous, c’est du tout bon. Et il est ainsi vraiment triste de voir que ce jeu vidéo se voit affligé des mêmes critiques certains films ou albums – trop cher malgré un prix correct, victimes d’une époque où tout à chacun est habitué à ne plus rien payer.

 

Note
8/10
Super Mario Run était un jeu attendu au tournant pour de multiples raisons. Hype surcotée, fan service aveugle ou gameplay amoindri par rapport aux jeux d’origine… A vrai dire, la plupart des reproches qui ont pu lui être faits sont avérés. Mais pour autant, l’essentiel est souvent oublié : le titre est excellent à tous niveaux, clairement un cran au-dessus de la majorité des productions concurrentes et à un tarif pas si excessif que ça. La seule ombre au tableau concerne en fait le besoin de connexion Internet permanent, dernier frein pour le qualifier de must-have. Super Mario Run offre le game design habituel des productions Nintendo, compatible avec tous types de joueurs : simple et plaisant à parcourir, difficile à maîtriser. Amateurs de Runners, de scoring compétitif ou tout simplement de la Mario, vous savez quoi faire.

 

Présentation de l'auteur : Angi

  • angi50 50 ANgI- da Polom

    Né dans les Miel Pops, Ulysse 31 et les spirographes, ANgI- est un bon petit geek un poil rétro, mais pas que. Pas que car le présent a concrètement du bon vidéoludique à offrir à défaut de certitudes sur un avenir toujours incertain. Et pas que parce qu'au-delà des jeux vidéo, pas mal d'autres trucs l'intéressent tels que la culture nipponisante ou la technologie en général. Aujourd'hui, il a du mal à trouver sa place dans ce monde sans pitié où chaque comportement doit être codifié. Faux gamer devant l'éternel, ancien nerd doublé d'un otaku ou papa casual...? Ou peut-être un peu tout ça à la fois. Aujourd'hui, en matière de mobilité, la Nintendo 3DS a ses préférences. Et soyons honnêtes jusqu'au bout, l'iPad aussi, un peu.

Du même auteur : Angi

 

 

 

 

 

 

Mots-clés: Runner, iOS, Nintendo

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