Danganronpa V3: Killing Harmony, le test sur PS Vita

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Retour de la licence Danganronpa « classique » en Europe, après un 3e opus en mode FPS, Danganronpa Another Episode: Ultra Despair Girls. Voici donc une suite directe des deux premiers jeux : Danganronpa: Trigger Happy Havoc et Danganronpa 2: Goodbye Despair. Ces derniers sont initialement sortis sur PSP au Japon. Mais c'est seulement sur PS Vita que le public occidental fera connaissance avec cette série à la Battle Royale : un groupe de jeunes lycéens s'entretue pour espérer être libéré d'un lieu. Ayant particulièrement apprécié les deux premiers opus, c'est avec joie que nous nous sommes jetés sur la version PS Vita de ce quatrième épisode.

 

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Des personnages hauts en couleur.

Dans Danganronpa V3: Killing Harmony, les canons habituels de la série sont respectés. De nouveau, un groupe de seize lycéens ayant des aptitudes spéciales (l'apprenti cosmonaute, le détective, le tennisman, etc.), se retrouve mystérieusement enfermé dans une sorte de campus. Pour espérer en sortir, ils doivent assassiner un de leurs camarades, mais aussi faire accuser un innocent. Si le criminel réussi, il est libéré et les autres sont liquidés. S'il est démasqué, après une phase d'enquête et un procès, c'est lui-même qui ira à la potence. Ce jeu de la mort est une nouvelle fois orchestré par l'ours mécanique Monokouma accompagné cette fois par cinq rejetons aussi barrés que lui.

Un prologue ainsi que six chapitres développent un scénario très bien ficelé, avec moult coups de théâtre et drames. Pour des raisons évidentes, on n'en dira pas plus, mais le premier scénario commence très fort, et seul le dernier vous donnera les clés de compréhension. Il fait office de clôture de la série (probablement jusqu'au prochain épisode !).

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Un mode procès où les arguments sont utilisés comme des armes...

Les personnages sont tous des archétypes suffisamment caricaturaux pour être drôles, mais avec suffisamment d'humanité pour être aussi attendrissants. Cette empathie est justement là pour vous donner encore plus de peine lors des mises à mort. Danganronpa V3: Killing Harmony vous permet ainsi de creuser un peu plus la personnalité des participants en leur offrant les cadeaux appropriés dans des phases de sociabilité spécifiques. Atteindre le maximum de la jauge sentimentale vous permet de débloquer une nouvelle aptitude dans les procès ainsi qu'un des très nombreux objets à collectionner... en l'occurrence ici des sous-vêtements !

Eh oui, cet épisode est particulièrement décalé et corrosif, volontairement vulgaire et très porté sur le sexe. D'ailleurs, les textes sont d'autant plus explicites que pour la première fois, il n'y a pas le filtre de la langue. Nous avons droit à une bonne traduction française à base d'injures, d'argot et moult allusions salaces. Quelques coquilles étaient malgré tout présentes, mais rien de grave. Mention spéciale à l'inventrice bimbo qui conseille explicitement au puceau que vous êtes de vous masturber en pensant à sa poitrine, ou qui traite ses copines de planche à pain... On a rarement vu aussi trash en Occident. Ce ton nous a bien fait rire, mais il est évident que ce n'est pas pour tous les publics. D'ailleurs, le jeu est à juste titre classé Pegi 16.

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Les intérieurs en écran fixe ont un bon rendu. Ce qui n'est pas le cas des zones où vous circulez.

Si le scénario en met plein la vue, ce n'est pas le cas du moteur du jeu. On pouvait être compréhensif pour les deux premiers épisodes, du fait de leur adaptation venue de la PSP, mais on attendait beaucoup plus de Danganronpa V3: Killing Harmony, un titre initialement développé pour PS Vita et PS4. Le pire étant le rendu des phases de déplacement, particulièrement médiocres notamment en extérieur, les intérieurs s'en sortant mieux moins mal.

Paradoxalement, ce sont les éléments en 2D, conformes aux canons de la série initiale sur PSP, qui s'en sortent le mieux : les personnages ou les éléments de décors dans les zones fixes sont de très bonne facture. Même chose pour les vidéos, notamment des mises à mort qui sont toujours aussi magnifiques.

On peut également formuler quelques reproches pour les mini-jeux qui parsèment les phases de procès. Pour nombre d'entre eux, la maniabilité n'est pas toujours au rendez-vous. Le point positif, c'est qu'ils combinent certains mini-jeux des anciens épisodes (tirer des balles qui représentent vos arguments, etc.) ainsi que plusieurs nouveaux (un jeu de course, une sorte de démineur, etc.) et qu'ils donnent à l'ensemble une assez bonne diversité.  

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Un mini-jeu sous forme de Out-Run du pauvre sous acide.

Danganronpa V3: Killing Harmony est très permissif et même si vous enchaînez les échecs, ceux-ci n'impactent que votre score général. Vous pouvez ainsi recommencer les séquences indéfiniment.

On ajoutera que le fan service est assuré par un grand nombre de bonus offerts après la fin du jeu : l'accès aux galeries de vidéos, musiques et autres images, ainsi que bon nombre de mini-jeux issus du casino mais aussi plusieurs mini-jeux nouveaux (un jeu de l'oie qui reprend le thème de l'année scolaire, un donjon-RPG et une simulation de drague). Vous pourrez ainsi continuer Danganronpa V3 pour obtenir tous les trophées du jeu. D'ailleurs bon courage si vous souhaitez le finir à 100 % !

 

Note
8/10
Danganronpa V3: Killing Harmony est donc un jeu perfectible, notamment avec un moteur de jeu qui n'est pas toujours à la hauteur de la PS Vita. Cependant l'aventure fait globalement oublier ce défaut. De fait, cet opus est le meilleur de la série, celui où l'on enchaine les superlatifs tant sur le scénario, les enquêtes, les dialogues, etc. C'est d'autant plus le cas qu'il s'agit du premier Danganronpa entièrement en français. A tester par tous les amateurs d'enquêtes dans un univers loufoque et qui n'ont pas froid aux yeux (ni ailleurs...) !
Nota : il est impossible de prendre des captures d'écran dans le jeu. Nous avons dû nous rabattre sur des images du jeu japonais fournies par le développeur. 

 

 

Présentation de l'auteur : Kuk

  • Kuk

    Kuk s'est lié d'amitié avec le monde du jeu vidéo très jeune. En 1988, il possède son premier ordinateur, un Atari 1040 STF flambant neuf. Et Atari ne le quittera plus jamais… Durant les années suivantes, il s'intéresse tour à tour à la Nec GT, à la NeoGeo Pocket et à sa petite soeur, la déclinaison Color, qui le font rentrer dans le jeu vidéo portable. Passionné d’histoire et de littérature, il apprécie tout particulièrement les jeux de rôle et les jeux d’aventure. Il montre aussi beaucoup d'intérêt pour le travail fourni par les développeurs indépendants dont il se fait une spécialité. Dans tous les cas, il privilégie le fond à la forme.

Du même auteur : Kuk

 

Mots-clés: PS Vita, Aventure, Kuk, NIS America

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