PS Vita - Epic Mickey : Le retour des Héros

Epic Mickey le Retour des Heros 4
RENDEZ-NOUS MICKEYMANIA!

Un jeu vidéo Mickey sur console portable, cela n’était pas arrivé depuis bien longtemps. Afin de coller à certaines contraintes techniques, nous aurions pu voir débarquer sur PS Vita l’équivalent de la version 3DS d’Epic Mickey: Power of Illusion. Mais il en fut décidé autrement par le studio Junction Point Studios, en charge de ce développement. C’est donc avec joie que nous ouvrons le livre d’histoire d’Epic Mickey 2 : Le retour des héros (en anglais : The Power of Two). Un joli conte de fée ?

Epic Mickey : Le retour des héros, c’est la suite directe d’Epic Mickey sur Wii. Si vous n’y avez pas joué, nous vous pardonnons. Après tout, comme nous, vous êtes des joueurs nomades. Dans le cas contraire, vous ne serez pas surpris de retrouver le Monde de la Désolation et ses personnages grisonnants tous inspirés des contes de Disney en version un peu plus trash. Le jeu commence par une cinématique où vous rencontrerez les divers protagonistes de l’histoire que sont Oswald - le lapin muni d’une télécommande -, Mickey - la souris équipée d’un pinceau - et le Savant Fou (que l’on a vu pour la première fois dans l’histoire vidéoludique dans le jeu Mickey Mania) revenu pour faire amende honorable et aider les toons à lutter contre un très prochain cataclysme.

On saluera la performance de traduction des textes mais aussi des chansons pour un résultat plus que correct dans un jeu vidéo. Le seul bémol concerne la compagne d’Oswald qui possède une voix… criarde. C’est donc en poussant la chansonnette que la Savant Fou vous suppliera de l’accompagner pour sauver le monde. Oswald accepte les réticences de sa tendre lapine. Très vite, Oswald appellera à l’aide Mickey qui, toujours là pour prêter main forte, se téléportera dans le château de Fantasia pour récupérer le pinceau magique. Après quelques déboires dans ce château, il part dans le Monde la Désolation afin de tout réparer.

Mickey se baladera dans un « D.C.M. », bâtira les gares du monde afin de remettre en marche des projecteurs : on ne moque pas, les projecteurs c’est le truc important du jeu. Cela ne parait pas très clair, c’est normal : le déroulement de l’histoire est découpé (pour ne pas dire haché) en très grosses mailles. Résultat : on se balade un peu dans le monde sans vraiment comprendre ce que l’on doit faire. Et cela malgré les explications de votre « gremlin » qui sont trop succinctes. Petit tacle à la documentation qui est juste honteuse. On sent qu’en 2013, une documentation c’est has been pour les développeurs ! Mais rappeler les commandes pour utiliser un pouvoir, c’est tout de même un minimum. A priori, les développeurs ont prévu le coup, puisqu’en première page du document, vous aurez un avertissement selon lequel ce qui a été indiqué leur paraissait « exhaustif »… L’humour ne pardonne pas tout.

Enfin passons sur ces points purement scénaristiques et didacticiels pour entrer dans le cœur du jeu. Epic Mickey : le Retour des Héros, c’est avant tout un jeu de plates-formes en 3D. Certes, le jeu se permettra quelques incursions dans le monde de la plate-forme 2D pour le côté rétro. Mais globalement, on reste dans la 3D avec des mondes fermés en zones un peu comme dans un Super Mario 64. La particularité de cet opus, c’est les pouvoirs de vos personnages. Mickey, grâce à son pinceau, pourra effacer ou reconstruire des parties du monde. Grâce à ce pouvoir principal, il pourra résoudre des énigmes, atteindre des points inaccessibles et combattre les mauvais toons. D’autres pouvoirs s’ajouteront à la palette de notre rongeur pour ralentir le temps ou encore faire léviter des objets. Quant à Oswald il ne sera jouable que par le deuxième joueur en coopération. Par défaut l’intelligence artificielle le prendra en charge. Celui-ci peut actionner avec sa télécommande des mécanismes électriques ou attaquer les ennemis. Et ses oreilles, à l’instar d’un Rayman, lui permettront de planer afin de passer les précipices. Grâce à cette « A-Team » de toons, vous aller pouvoir aider les nombreux personnages secondaires que vous rencontrerez. Même un Dingo robotique est de la partie. A vous les quêtes principales et secondaires, ainsi que les centaines de choses à collectionner. On peut dire que le jeu est riche en éléments à trouver - pin’s, costumes, pièces de musées, etc. - et la difficulté des trophées associés s’en ressent. De ce point de vue, vous en avez pour des dizaines d’heures de jeu, pour peu que vous accrochiez à la mécanique.

La mécanique du jeu, justement, nous n’en avions pas encore parlé. Nous vous le disions, vous serez plongé dans des zones de jeu délimitées, occupé à résoudre quêtes principales ou secondaires. L’originalité du titre réside dans le fait qu’il n’y ait pas qu’un seul chemin pour réussir une mission donnée. Je vous donne en exemple la première mission. Allez dans le D.C.M. Deux méthodes vous sont proposées. La première consiste à amasser 50 bouts de ferraille, la seconde à trouver un passage secret derrière un mur, qu’on fera disparaitre en appliquant du dissolvant avec le pinceau. Certes, l’idée est louable - enfin du choix dans un jeu de ce genre -, mais par contre, nous avons passé plus d’une heure à trouver la deuxième solution. Le jeu ne donnant aucune indication, ni même de rappel sur les indices que vous avez pu obtenir. Pour cette raison, si vous avez le malheur de faire une pause dans la partie, il vous faudra noter ce que vous recherchiez. Le jeu en devient stressant et frustrant, créant ainsi une difficulté involontairement élevée. Car, à côté de cela, les énigmes sont si simples qu’un enfant de cinq ans pourra y jouer. C’est à ne rien y comprendre !

D’un point de vue graphique, il étonnant de voir une conversion PlayStation 3 aussi fidèle sur console portable. Cependant, dans certains cas, la complexité des décors pousse la console dans ses retranchements. Ce qui vous infligera de nombreux ralentissements. Les cinématiques en dessins animés sont juste superbes. Et la partie sonore, déjà énoncée plus haut, est vraiment agréable, surtout ces chansons que l’on retrouvera tout au long de l’aventure, c’est surprenant ! Pour la maniabilité, l’utilisation de l’écran tactile est accessoire car imprécise. Bien souvent on en restera à l’utilisation des sticks analogique. Par contre, le gameplay est mis à mal en raison de divers problèmes de caméra et de collisions, surtout quand vous essayez d’explorer des endroits non prévus, vous forçant dans les pires des cas à vous donner la mort pour revenir sur « le plancher des vaches ». Il est vraiment dommage que cette partie n’ait pas obtenu plus l’attention de la part des développeurs.

Note
5/10
Au final, on a beaucoup de mal à savoir à qui s’adresse cet Epic Mickey : le Retour des Héros. Le jeu est trop frustrant pour nos petites têtes blondes et le scénario mal ficelé pour passionner les joueurs plus âgés. Pour l’apprécier, nous pensons sincèrement qu’il faudrait partager l’aventure à deux via le mode Wi-Fi du jeu, pourquoi pas en duo parent/enfants ! A défaut, Epic Mickey : le Retour des Héros ennuiera au bout de quelques heures et cela malgré les différentes missions proposées. Ajoutez à cela le problème typique de la caméra folle des jeux 3D - heureusement, les phases 2D sont propres et garnies en passages secrets -, saupoudrez le tout de bogues de collisions et vous obtiendrez un combo dévastateur… qui rend un jeu sympathique tout juste moyen.

 

  • Née dans les années 80, Manoloben a pu tour à tour découvrir les joies du PC, puis des consoles de salon. C'est dans les années 2000 avec la découverte de la Neogeo Pocket qu'il s'est lié d'amour pour les consoles portables. Le(la?) GameBoy Advance fut sa/son compagnon pendant son école d'ingénieur puis, se fut au tour de la GP32 et de ses dérivées... Ne souhaitant pas quitter ce milieu, il a rejoint l'équipe d'un site en ligne spécialiste des consoles portables en 2011. Cette passion lui fit quitter le groupe pour fonder Air-gaming avec deux autres amis. Aujourd'hui, Manoloben souhaite transmettre une information sans tabou ni limitations, qui sont trop souvent imposés par un milieu de plus en plus vénal.

Du même auteur : Manoloben

 

 

Mots-clés: PS Vita, Manoloben, Epic Mickey

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