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juin 21, 2017
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Persona 3 Portable, le test sur PSP

Persona 3 Portable 7
VIVRE DANS UN DONJON C'EST PAS FACILE

Il arrive que certaines séries se révèlent en cours de route. C’est un peu le cas des jeux de rôle Persona, encore connus sous le nom de Shin Megami Tensei au Japon. 

 

Persona 3 Portable 4
Une gestion 2D stastiques des rencontres

Initialement, le premier opus avait été commercialisé sur la console PlayStation première du nom en 1996, tandis que le second nous était arrivé quatre ans plus tard, en 2000. Des jeux plutôt bien notés et appréciés (notamment le deuxième épisode testé ici même). Nous en étions alors à un petit succès d’estime auprès des joueurs et de la critique, lorsque la série a été reprise par le character designer Shigenori Soejima.

Les troisièmes et quatrièmes épisodes, développés cette fois pour la PlayStation 2, furent de véritables succès au Japon. Au point que leur éditeur, Altus entrepris proposera diverses adaptations PSP. Nous nous intéressons aujourd’hui à Persona 3 sur PSP, qui est très précisément l’adaptation de la version FES du titre, une version revue et augmentée en contenus.

Le principe de Persona 3 Portable est assez simple : il s’agit d’un mélange d’exploration de donjons avec des phases d’action, le tout entrecoupé d’aventure, de gestion de vie et... de drague. Le héros du titre débarque dans une nouvelle ville. Arrivé assez tard, il observe des événements extraordinaires : à minuit, le monde « s’arrête » et se peuple d’ombres mystérieuses qui attaquent les humains. Le voilà dans un internat spécial. Le jour, notre héros se rend en classe. Il y fait ses devoirs, du shopping, travaille, etc. La nuit, il part en expédition dans une énorme tour afin de découvrir ce qui ce trame derrière le mal précédemment évoqué.

Moins bon que sur PlayStation 2 ?
Le passage de la PlayStation 2 à la PSP ne s’est pas réalisé sans heurts. On note, par exemple, que la très belle introduction en dessin animé de la version PS2 est remplacée par quelques captures. On se demande bien pourquoi. Puis, on se rend compte que les déplacements dans la ville, lors des phases de « sociabilité », sont désormais présentés à l’aide d’images fixes. Les dialogues s’activent lorsque l’on clique sur les personnes présentes ou sur les magasins. Très honnêtement, la surprise passée, ce changement est assez heureux, même si l’ergonomie aurait pu être améliorée. Ainsi, on utilise le stick analogique pour lancer quelques dialogues ou amorcer une relation plus approfondie avec un des personnages non-joueurs. Ces derniers sont associés avec certaines entités : lune, empereur, amour, justice etc. Au fur et a mesure que les liens d’amitié augmente, les « personas » que vous créez (vos créatures combattantes) et qui sont affiliés à ces entités sont de plus en plus puissantes.

 
Persona 3 Portable 2
Des donjons en 3D

Les personas sont au centre du système de combat des donjons accessibles le soir. Les personnages joueurs sont liés à une entité spécifique. Le mode de combat est basé sur des éléments tels que le feu, la glace, l’éclair ou autre, qui se débloquent au fur et à mesure de l’expérience accumulée. Seul le héros principal a la possibilité de changer de persona pour ceux récupérés au cours des combats, et d’en créer de plus puissants en fusionnant ceux précédemment acquis. Vous suivez toujours ?

Un côté nomade plus marqué
Dans les donjons aussi, les changements sont importants entre les versions PS2 et PSP. Les niveaux sont plus courts, avec des téléports fréquents qui sont de deux types : ceux qui permettent de sortir du donjon et ceux qui permettent de revenir à des étages précis mais qui sont présents à intervalles de plus en plus éloignés. De temps à autres, vous ferez un passage dans la Velvet Room pour retrouver Igor et Elizabeth, deux personnages qui vous proposent de fusionner les personas ainsi qu’un certain nombre de missions annexes à réaliser dans le donjon ou dans la phase de « sociabilité » de la journée.

Tout est affaire de goût. Persona 3 Portable est indiscutablement plus facile du fait des points de sauvegarde. Altus a délibérément choisi de privilégier le côté nomade pour des parties plus courtes. Qu’on se rassure cependant, la difficulté est toujours au rendez-vous, notamment du fait des défaites « arbitraires », ce qui est le seul revers de ce type de jeu. En effet, un ennemi peut vous laminer juste parce qu’il utilise une attaque à laquelle vous êtes particulièrement sensible.

Le level design est plutôt d’un bon niveau - pour de la PSP - mais sans plus. Côté graphismes, nous avons particulièrement apprécié ceux des personnages et des images fixes de la ville. Un avis plus nuancé par contre en ce qui concerne la sélection musicale, moins importante que sur PS2 et avec un côté techno-pop trop prononcé. Dans l’ensemble, le scénario est intéressant, surtout pour son côté sombre et clairement orienté adultes. Nous avons jusqu’à présent délibérément omis de détailler l’atmosphère de Persona 3 Portable. C’est probablement le côté le plus passionnant de cette série, de même que l’empathie presque naturelle qui se crée avec les personnages non joueurs, qui sont souvent montrés dans toute leur complexité - toute relative bien sûr, cela reste un jeu vidéo ! De plus, une certaine osmose s’installe entre les phases de combat ou de sociabilité, ce qui permet de casser une éventuelle répétitivité de l’action.

Persona 3 Portable a été édité en Europe par Ghostlight, uniquement en version collector. On a le droit à un mini-poster au format A3, un petit artbook cartonné de 48 pages et un ensemble de six cartes. Les croquis de Shigenori Soejima sont particulièrement intéressants et valent le coup d’œil. Passons maintenant à la mauvaise nouvelle : aucun éditeur n’a trouvé le courage de prendre sous son aile une version française du jeu. Du coup, les chiffres de vente sur notre continent sont honteux pour un jeu de cette qualité. Mais avec une communication très limitée et aucune traduction, comment s’en étonner ? Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire : passer par la case import. Une bonne nouvelle tout de même : nous avons pu nous procurer le titre en Angleterre pour moins de 30 €, ce qui est très honnête au vu des qualités du titre.

 

Note
8/10
J’achète ou pas ?
Au final, la question de l’achat de ce Persona 3 Portable se pose malgré tout. Le jeu, original, fait partie des productions majeures sur PS2. Il reste meilleur sur ce support, nous l’avons vu, avec de belles cinématiques et une difficulté plus relevée. La version PSP a pour elle sa portabilité et les possibilités de parties plus rapides. De plus, elle dispose aussi d’une héroïne supplémentaire à choisir, ce qui influe de différentes manières sur l'aventure.

 

Présentation de l'auteur : Kuk

  • Kuk

    Kuk s'est lié d'amitié avec le monde du jeu vidéo très jeune. En 1988, il possède son premier ordinateur, un Atari 1040 STF flambant neuf. Et Atari ne le quittera plus jamais… Durant les années suivantes, il s'intéresse tour à tour à la Nec GT, à la NeoGeo Pocket et à sa petite soeur, la déclinaison Color, qui le font rentrer dans le jeu vidéo portable. Passionné d’histoire et de littérature, il apprécie tout particulièrement les jeux de rôle et les jeux d’aventure. Il montre aussi beaucoup d'intérêt pour le travail fourni par les développeurs indépendants dont il se fait une spécialité. Dans tous les cas, il privilégie le fond à la forme.

Du même auteur : Kuk

 

Mots-clés: PSP, Persona, Kuk, PSN

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